La croyance en l’existence de la conscience nous ramène aux anciens jours de la superstition et de la magie

(John Watson, 1915)

Contemporaine à la Psychanalyse, la théorie béhavioriste est un courant de pensée qui considère que la conscience n’est un concept ni défini, ni utilisable.
La psychologie devait donc abandonner l’étude des états de conscience et prendre un objet d’étude observable : le comportement.
C’est ce que fit Watson aux États-Unis, reconnu aujourd’hui comme le créateur du Béhaviorisme par ses écrits paraissant de 1912 à 1930.

Le Béhaviorisme au confluent de 3 courants

a) Le fonctionnalisme américain (Dewey, 1916) qui provient de la biologie évolutive et de la psychologie fonctionnelle (James, 1880).
Cette psychologie fondée sur l’idée d’adaptation et d’aptitude insiste sur le fait que la fonction est créatrice de structures internes, d’aptitudes nouvelles permettant l’adaptation (on notera ici l’influence du Darwinisme).

b) L’école anglo-américaine de psychologie animale qui prend ses distances avec les interprétations anthropomorphiques traditionnelles et qui souligne la nécessité de décrire toutes les étapes des actes de l’animal avant d’essayer de les interpréter. Une science du comportement pourrait ainsi être envisagée.

c) L’école neurologique de Pavlov (1900) qui donne au béhaviorisme un modèle général, celui du schéma stimulus-réponse (schéma S —> R) ;
In fine, ce schéma met en évidence qu’il est possible de déclencher un réflexe conditionnel (conditionnement) par un processus d’apprentissage.

Le Béhaviorisme veut donc être une méthode scientifique basée sur des faits observables car les béhavioristes ne cesseront de le répéter :  » Ce qui est observable c’est le comportement « .

1- Principaux concepts du Béhaviorisme

a) Le comportement

Dans la théorie béhavioriste, le comportement est différent de l’attitude (notion en psychologie) ou de la conduite (notion en psychanalyse).
Le comportement, c’est tout ce que l’organisme fait et dit (comportement moteur, comportemental verbal) et ainsi le terme comportement a une grande extension.
Il peut s’agir d’un comportement moteur mais également d’une réaction glandulaire de l’organisme.
Ainsi, les comportements sont des réponses de l’organisme à des stimuli.

b) Le stimulus

De même, le terme stimulus pour les béhavioristes a un sens beaucoup plus large que le mot excitation.
Servira de stimulus tout ce qui est capable de provoquer une réponse de l’organisme.
Les stimuli extérieurs (bruit, mouvement, flash, etc…) sont les plus facilement observables mais les stimuli internes (par exemple les différents états d’un muscle) doivent aussi être considérés à part entière : sursauter et se lever sont des réponses à un stimulus qui ne diffèrent que par leur complexité musculaire.
Dans un autre cadre, certains stimuli amènent des réponses de l’organisme qu’ils ne provoquaient pas initialement.
Watson constate par exemple, la considérable extension des stimuli pouvant provoquer des réactions de peur au cours des premiers mois de la vie de l’enfant.
Il montre ainsi que l’entourage familial par sa réaction habituelle vis à vis de l’enfant, associe la peur originellement déterminée par les deux seuls stimuli de défaut de soutien et de bruit violent, à d’autres situations.
Comportement déterminé ou effet du conditionnement ?

Le conditionnement joue un rôle capital dans la formation des habitudes. Il commence dès la vie intra-utérine et s’accroit à une vitesse considérable dans les premiers mois de la vie.
Ainsi, la théorie béhavioriste explique les différences entre les individus par les conditionnements spécifiques provenant du milieu dans lequel chacun évolue.
Les conditionnements développés dans les différents contextes familiaux, sociaux et autres façonneraient les comportements qui vont ainsi constituer la personnalité.

Les béhavioristes ne nient pas qu’entre le Stimulus et la Réponse il se passe quelque chose (raisonnement, sentiment, émotion, etc.) mais ce n‘est pas leur préoccupation. Et s‘en préoccuper n‘apporterait rien à l’étude du comportement et risquerait de faire retomber la psychologie dans l’étude des états de conscience.

c) Le Schéma Stimulus/Réponse

Pour les béhavioristes, un comportement peut toujours se décrire en termes de Stimulus et Réponse.
Un stimulus entraine toujours une réponse de la part de l’être vivant.
Le travail scientifique consiste donc à rechercher le stimulus à partir de la réponse ou de repérer quelle réponse est déterminée par quel stimulus.
Quand les deux sont connus le problème est résolu, c’est à dire que l’on peut attribuer une cause au comportement.
Ainsi schématisé le Béhaviorisme peut apparaître très simpliste et réducteur.

Toutefois, les néo-behavioristes réintroduisent des notions comme la motivation ou l’attente.
Ainsi, B.F. Skinner et sa notion de conditionnement opérant (1957) montre que dans un contexte donné, les conséquences positives d’un comportement (pour l’organisme) et les contingences de renforcement entraine le sujet à répéter ce même comportement.

Un exemple de conditionnement opérant –

2- Apports du Béhaviorisme à la problématique de la Perception

Au final, le Béhaviorisme se préoccupe peu de la Perception en tant qu’objet d’étude.
La Perception, d’un point de vue béhavioriste serait plutôt à reléguer dans le domaine des processus intermédiaires.
Ainsi, les néo-behavioristes s’efforcent de conditionner des prises d’informations d’un animal en plaçant celui-ci dans une situation où il doit discriminer des stimuli pour déclencher une réponse de son environnement (apparition d’une récompense).
B. F. Skinner (1948) renforce un montage audio-kinesthésique chez son pigeon en le récompensant chaque fois qu’il est dans la bonne situation : il s’agit de marcher en réalisant un « 8 ».
Ainsi, le renforcement des bonnes réponses relève bien d’un processus de conditionnement lié à la prise d’informations qui convient.
Dans ce cas, la Perception peut résulter d’un apprentissage (un conditionnement) qui sélectionne la prise d’information correcte.
Cette forme d’apprentissage perceptif est à situer dans la problématique d’une perception puisqu’ainsi elle peut résulter d’un apprentissage.
La notion de configuration perceptive a été introduite récemment et avec la théorie de l’Information, nous verrons l‘importance de ce modèle pour élargir notre compréhension de la Perception.