Le Béhaviorisme

Le Béhaviorisme

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Image_6b.jpg.
réalisé par Oleg Shuplyak

La croyance en l’existence de la conscience nous ramène aux anciens jours de la superstition et de la magie (Watson, 1915).
Contemporaine à la psychanalyse, la théorie béhavioriste est un courant de pensée qui considère que la conscience n’est un concept ni défini ni utilisable.
La psychologie devait donc abandonner l’étude des états de conscience et prendre un objet d’étude observable : le comportement.
C’est ce que fit WATSON aux États-Unis, reconnu aujourd’hui comme le créateur du Béhaviorisme par ses écrits paraissant de 1912 à 1930.

Rappelons que le Béhaviorisme est né au confluent de trois courants de recherche principaux :
1) Le fonctionnalisme américain (DEWEY) qui provient de la biologie évolutive et de la psychologie fonctionnelle (JAMES, 1880). Cette psychologie fondée sur l’idée d’adaptation et d’aptitude, insiste sur le fait que la fonction est créatrice de structures internes, d’aptitudes nouvelles permettant l’adaptation (influence du Darwinisme).
2) L’école anglo-américaine de psychologie animale qui prend ses distances avec les interprétations anthropomorphiques traditionnelles et qui souligne la nécessité de décrire toutes les étapes des actes de l’animal avant d’essayer de les interpréter, donc de faire une science naturelle du comportement.
3) L’école neurologique de Pavlov qui donne au béhaviorisme (dont il est contemporain) un modèle général, celui du schéma stimulus-réponse (schéma S —> R)

Principaux concepts
Le Béhaviorisme veut être une méthode scientifique basée sur des faits observables.
Les béhavioristes ne cesseront de le répéter : « Ce qui est observable c’est le comportement« .
Le comportement, c’est tout ce que l’organisme fait et dit (comportement moteur, comportemental verbal).
Pour le Béhaviorisme le terme comportement a une grande extension.
Il peut s’agir d’un comportement moteur mais également d’une réaction glandulaire.
Penser c‘est se parler à soi-même et se parler à soi-même est un comportement tout aussi objectif que jouer au tennis.
Ces comportements sont des réponses de l’organisme à des stimuli. De même, le terme stimulus pour les béhavioristes a un sens beaucoup plus large que le mot excitation.
Servira de stimulus tout ce qui est capable de provoquer une réponse de l’organisme. Les stimuli extérieurs (bruit, mouvement, image, etc…) sont les plus facilement observables mais les stimuli internes (par exemple les différents états d’un muscle) doivent être considérés à part entière ; sursauter et construire un gratte-ciel sont des réponses à un stimulus qui ne diffèrent que par leur complexité. Certains stimuli amènent des réponses de l’organisme qu’ils ne provoquaient pas d‘abord ; WATSON constate par exemple la considérable extension des stimuli pouvant provoquer des réactions de peur au cours des premiers mois de la vie de l’enfant. Il prouve que l’entourage par sa réaction habituelle associe la peur, originellement déterminée par les deux seuls stimuli de défaut de soutien et de bruit violent, à d’autres situations. C‘est le Conditionnement.
Ce dernier joue un rôle capital dans la formation des habitudes. Il commence dès la vie intra-utérine et s’accroit à une vitesse considérable dans les premiers mois de la vie.
Le Schéma : Stimulus -> Réponse
Pour les behavioristes le comportement peut toujours se décrire en termes de : Stimulus -> Réponse.
Le travail scientifique consiste donc à rechercher le stimulus à partir de la réponse ou de repérer quelle réponse est déterminée par quel stimulus. Quand les deux sont connus le problème est résolu.
Ainsi schématisé le Béhaviorisme peut apparaitre très simpliste et réducteur.

Les béhavioristes ne nient pas qu’entre les deux il se passe quelque chose (raisonnement, sentiments, etc.) mais ce n‘est pas leur préoccupation.
S‘en préoccuper n‘apporterait rien au contrôle du comportement et risque de faire retomber dans l’étude des états de conscience.
Cependant, les néo-behavioristes réintroduisent des notions comme la motivation ou l’attente.
Ainsi, SKINNER, par le renforcement efficace de la réponse attendue, motive le sujet à poursuivre le programme.
 
Quels sont les apports du Béhaviorisme à la problématique de la Perception ?
le Béhaviorisme se préoccupe peu de la Perception en tant qu’objet de recherche scientifique; elle est plutôt à reléguer dans le domaine des processus intermédiaires.
Ainsi, les néo-behavioristes s’efforcent de conditionner des prises d’informations (discrimination dans les stimuli) qui ne sont autres que des configurations perceptives.
Mais le renforcement de certaines bonnes réponses n’est que le conditionnement de la prise d’informations qui convient.
Par exemple SKINNER renforce un montage audio-kinesthésique chez son pigeon en le récompensant chaque fois qu’il est dans la bonne situation (marcher en décrivant un 8).
Ainsi, la perception peut résulter d’un apprentissage en particulier pour devenir la prise d’information adaptée.
Cette forme d’apprentissage perceptif nous renvoie à la question de l’objectivité relative de toute perception puisque qu’elle peut résulter d’un apprentissage.
Avec la théorie de l’Information, nous verrons l‘importance de ce modèle pour élargir notre compréhension de ce qu‘est la Perception.